À travers le Kalimantan de l’Ouest, 5 – 12 mars 2017


Après un échec pour rejoindre Batang Ai National Park, nous passons de dépit en Indonésie. Récit d’un fantastique road-trip à travers le Kalimantan occidental.

 

À midi, nous retournons manger au hawker center. Benjamin s’empiffre de poori alors que Charlotte fait un mauvais choix.

 

Nous commençons le stop vers 11h00 pour rejoindre le réservoir de Batang Ai. Nous avons lu que ce parc pas très populaire car difficile d’accès permet d’observer des orangs-outangs en liberté. On peut aussi dormir dans des longhouses iban.

 

Nous sortons de la ville dans la voiture de Streisand, qui est désolé de ne pas pouvoir nous conduire plus loin, il n’a pas son permis… Il nous donne son numéro et nous propose de nous apprendre à cuisiner des plats locaux à notre retour du parc. Nous sommes ensuite ramassés par Qadapi, qui nous met en garde pour le passage de la frontière avec l’Indonésie à Lubok Antu : les douaniers indonésiens seraient corrompus et la route jusqu’à Putussibau dangereuse. Il nous propose de nous aider à la traverser et de nous loger dans son hôtel à Putussibau. Nous prenons son contact.

 

Un couple nous dépose à l’embarcadère situé juste à côté du barrage hydroélectrique.

C’est le port utilisé par la navette pour le Batang Ai Resort (anciennement Hilton Batang Ai), le seul hôtel situé sur le lac. Nous ne voulons pas séjourner dans cet hôtel et souhaitons nous rendre directement en bateau à Nanga Lubang Buaya, où se trouve l’entrée du parc. Les empotés de l’embarcadère du Batang Ai Resort sont incapables de nous dire si quelqu’un peut nous y emmener directement. Le guide d’un couple britannique y séjournant nous conseille de revenir le lendemain matin pour trouver un bateau. Il n’est que deux heures de l’après-midi mais la vue est belle, nous passons donc l’après-midi sous cette véranda et plantons la tente sur la berge.

 

La nuit n’est pas très reposante à cause des aboiements des chiens imbéciles lors des nombreux orages.

Au petit matin, un employé du Resort un peu moins dadais nous informe que nous ne sommes pas au bon endroit : seul la navette du Resort part d’ici, les bateaux partent eux de l’embarcadère public, situé de l’autre côté du barrage ! Nous avons perdu une demi-journée à attendre pour rien ! C’est à se taper la tête contre les murs !!

 

Il accepte de nous redescendre sur la route principale puis une maman et sa fille nous dépose à l’embarcadère à 8 heures.

 

Nous sommes confiants, car beaucoup de longboats débarquent des passagers et leurs effets personnels, immédiatement pris en charge dans des voitures. Il s’agit vraisemblablement de villageois habitant autour du réservoir et se rendant à Lubok Antu. Personne ne parle anglais et les gens sont plutôt méfiants à nos demandes. Un homme dit à Benjamin qu’il ne trouvera pas facilement un bateau pour le parc et que cela coûte très cher, 700 RM (147 euros, sic). Après une heure d’attente infructueuse, nous décidons de revenir à l’embarcadère privé du Resort pour une opération dernière chance. Nous voulons presque croire à un miracle lorsque le couple qui nous prend en stop nous assure connaître un ranger du parc… Malheureusement ils n’ont pas son numéro de téléphone. Il nous disent aussi que selon eux la traversée devrait coûter 200 RM aller.

Les imbéciles du Resort nous informent que l’hôtel n’a de toute façon pas de bateau adapté pour aller jusqu’à Nanga Lubang Buaya, mais qu’ils peuvent nous en affréter un si nous y séjournons… Dépités, nous jetons l’éponge et rejoignons à pied la route vers Lubok Antu, où nous sommes pris par un homme dans un pick-up pas très neuf.

 

C’est dimanche et les cantines sont bondées, mais nous parvenons à dénicher une petite table. Il y a un réseau WiFi et nous lisons sur le site internet officiel du parc qu’aller indépendamment à Batang Ai est difficile, car il faut trouver un bateau qui s’y rend pour éviter le coût prohibitif d’un affrètement privé. Nous tentons d’appeler le bureau des parcs nationaux de Malaisie, et évidemment personne ne répond car c’est dimanche. Benjamin demande autour de lui mais personne ne peut nous renseigner…

Nous nous consolons avec une glace et décidons de continuer l’aventure en passant en Indonésie. La route indiquée sur Open Street Map traverse la frontière une trentaine de kilomètres plus au nord. Un jeune homme un peu destroy (il a deux énormes haut-parleurs dans le coffre de sa voiture) s’arrête rapidement et accepte de nous y conduire. Il nous met lui aussi en garde contre les indonésiens, qui seraient tous des voleurs.

Le poste-frontière est en fait situé à une dizaine de kilomètres seulement, sur une route qui n’existe pas sur notre carte. Au bureau malaisien, nous demandons à l’homme qui attend juste derrière nous s’il peut nous conduire côté indonésien. Nous montons dans son gros SUV dans lequel attendent sa femme et ses trois enfants. Ils nous souhaitent tous la bienvenue en Indonésie.

Il nous faut encore obtenir le tampon indonésien et c’est toute une procédure : les douaniers inspectent d’abord avec intérêt nos passeports, puis les mettent sur le côté tandis que l’un d’eux appelle Jakarta. Ils nous semblent qu’ils ne connaissent tout simplement pas la procédure pour les touristes étrangers. Au bout de dix minutes de palabres, les cartons d’immigration nous sont remis. Ça se présente bien. Benjamin emporte ensuite nos sacs au rayon X, dans un bâtiment flambant neuf aux finitions même pas terminées. Le scanner ne satisfait pas le douanier zélé qui nous fait déballer le contenu des sacs en demandant « What’s that ? » en pointant chaque objet. Plus l’objet est commun, plus l’homme est suspicieux. Le réchaud ne l’intéresse pas beaucoup, par contre le papier-toilette aura droit à un scan supplémentaire. Pendant ce temps, Charlotte se fait questionner sur le détail de notre itinéraire indonésien, pas vraiment préparé puisque nous sommes partis sur un coup de tête il y a une heure… Elle s’en sort plutôt bien car il se trouve que Kristophar, notre chauffeur, se dirige demain à Putussibau, où nous avons l’adresse de l’hôtel de Qadapi. Finalement, le douanier semble satisfait et nous rend nos passeports après nous avoir fait répéter trois fois que nous devions quitter le territoire au bout de 28 jours. Une fois convaincus que notre lessive ne contient pas de cocaïne, les douaniers nous laissent rejoindre notre voiture après maints selfies. Nous avons probablement inauguré ce nouveau poste-frontière en tant qu’occidentaux.

La photo n’est pas bonne, mais l’on peut y voir l’amitié entre les peuples

 

Kristophar qui a eu la gentillesse de nous attendre, nous explique revenir du marché à Lubok Antu. Tous les dimanches, il traverse la frontière pour acheter œufs et légumes frais du côté malaisien car on ne trouve pas de bons produits frais à Badau, ville frontalière indonésienne où il habite. Il nous propose de dormir chez lui et nous acceptons avec plaisir.

Kristophar et sa famille habitent dans une zone à l’écart de la ville, avec gardien. C’est une exploitation d’huile de palme. La maison est grande et très sommairement meublée. Il y a quand même l’air conditionné, nous préssentons que Kristophar a un métier de cadre dans la plantation. Il y a cinq chats très joueurs et câlins, Charlotte tombe sous le charme et prépare ses anti-histaminiques. Après une bonne douche, nous faisons sécher la tente sur les étendoirs adaptés au climat local (c’est à dire couverts par un toit) puis nous buvons une sorte de grenadine à l’eau de coco accompagnée de gaufrettes au chocolat. La femme de Kristophar qui s’est éclipsée depuis que nous sommes entrés dans la maison, nous a préparé de délicieuses bananes frites.

 

Kristophar nous confie ensuite à son chauffeur (notre pressentiment était correct) qui nous conduit en ville afin de changer nos ringgits malaisien pour des roupies indonésiennes. Le bureau de change est fermé mais le chauffeur repère le changeur sur sa motocyclette. Il nous fait un très bon taux, et nous récupérons un peu plus de deux millions de roupies (~140 euros).

Nous faisons ensuite rapidement le tour de la ville (qui ne compte qu’une rue), le contraste avec le côté malaisien est grand. Ce côté de Bornéo est beaucoup plus pauvre.

Nous faisons une petite étude du prix d’une canette de coca (en moyenne 7000 Rps, soit un peu moins de 50 centimes d’euro) et achetons un ballon dont nous espérons qu’il calmera l’énergie du petit dernier de Kristophar. Nous nous reposons ensuite jusqu’au dîner.

Il pleut des cordes lorsque nous embarquons tous dans la voiture pour aller dans un restaurant à l’entrée de Badau. On s’assoit par terre autour de tables basses. Le restaurant est tenu par des musulmans, il n’y a donc que du poulet au menu. Il y a moitié de musulmans, moitié de chrétiens à Badau et ses environs. Nous commandons des nasi goreng ayam (poulet). Pas d’alcool évidemment mais des jus de fruits frais. En apéritif, nous partageons une grande chip au poisson. Le nasi goreng ayam est un morceau de poulet frit accompagné du riz.

 

Kristophar et sa femme nous font un coup à la chinoise en réglant la note en douce. La nourriture est certes très bon marché, mais nous sommes tout de même un peu gênés.

Au retour, nous faisons une halte dans le bureau de Kristophar. Il est tout en haut de l’organigramme.

Nous logeons chez le chef !

 

Son chauffeur nous emmène demain à Putussibau, départ prévu à 8h00.

Les enfants nous laissent la pièce principale où ont été disposés pour nous deux matelas. Nous entrevoyons les filles et leurs parents dans de très beaux habits pour la prière du soir. Le petit reste devant la télévision.

Le lendemain, nous sommes fin prêt et avons même le temps de faire un petit tour dans la plantation. Le site est tout neuf et encore en plein aménagement.

 

Nous disons au revoir à la maîtresse de maison et nous mettons en route.

Merci !!

 

La route jusqu’à Putussibau est plutôt bonne, mais avec d’incessantes montagnes russes. Nous nous arrêtons pour observer au loin derrière nous l’étendue du parc Taman Nasional Danau Sentarum.

 

 

À Putussibau, Kristophar et son chauffeur nous déposent à l’hôtel Ruma Fajar, avant de continuer vers l’aéroport. À la mention du nom de notre nouvel ami Qadapi qui a tout arrangé pour nous, une clé nous est remise. La chambre est basique mais correcte, avec la climatisation et salle d’eau attenante. L’eau est claire !

En attendant que le chauffeur de Kristophar lui rapporte notre appareil photo oublié dans l’habitacle, Benjamin discute avec un garçon du restaurant d’à côté qui lui dit avoir un cousin en ville qui adore accueillir et guider les étrangers.

Le chauffeur de Kristophar

 

Nous allons nous acheter une carte sim pour avoir accès à internet, car les réseaux WiFi ne sont pas développés. La couverture 4G par contre est bonne.

Nous marchons ensuite jusqu’au bureau d’information du parc national de Betung Kerihun.

 

Le site semble en déshérence, le ranger ne parlant pas un mot d’anglais appelle un collègue pour nous aider. Nous leur demandons naïvement s’ils peuvent nous conduire au parc (à ce stade, nous avons encore aucune information sur le parc). L’homme nous conduit dans un grand bâtiment flambant neuf à la sortie de la ville où un ranger parlant anglais nous accueille.

Le parc est en fait très étendu et difficile d’accès. La partie avec la plus grande concentration d’orangs-outangs se trouve à la frontière avec la Malaisie (et jouxte Batang Ai). Pour l’atteindre, il faut prendre un longboat depuis Madang, à mi-chemin entre Badau et Putussibau. Nous sommes passés devant le matin même ! Le permis est journalier (150k Rps (10€) /pers./jour) et le guide iban obligatoire. Tout cela est cher, strict, et surtout prend beaucoup de temps. Nous n’avons malheureusement pas une semaine devant nous et décidons donc de continuer notre route sur Bornéo qui, nous en somme sûrs, nous réserve d’autres possibilités d’escapades.

Le soir, nous faisons la connaissance d’Annita, qui gère l’hôtel. Elle est très joyeuse, prend beaucoup de photos qu’elle envoie à Qadapi, et nous offre le café sucré typiquement indonésien. Nous l’invitons avec ses enfant manger des Keropok Basah, recommandées par Qadapi. C’est une sorte de quenelle de poisson, pas franchement délicieuse. La version frite s’en sort un peu mieux… Les jus de fruit frais sont une petite consolation.

 

De retour à l’hôtel, nous tombons sur Indra, le Backpacker Hunter. Indra est un couchsurfer à l’affût du moindre blanc qui s’aventure dans le Kalimantan profond. Il a beaucoup voyagé en Asie et en attendant d’avoir assez économisé pour découvrir l’Europe, il rencontre le plus d’occidentaux possibles. Lorsque son cousin lui a dit que deux Français étaient arrivés, il a filé à notre hôtel une fois sa journée terminée. Il vient un touriste backpacker tout les deux mois ici, Indra ne manque donc jamais une chance de faire une rencontre.

Nous prenons rendez-vous le lendemain à 10h pour aller visiter les villages alentours et notamment Melapi où se trouve la plus vieille longhouse de la région.

 

Le lendemain, nous trouvons enfin le temps d’envoyer  nos cartes postales de la Thaïlande et du Cambodge. Indra nous retrouve au bureau de poste et emmène Benjamin chercher un second scooter.

 

Sur la route serpentant le long de la rivière Kupuas, nous voyons plusieurs longhouses pas très jolies, et nous atteignons Ruma Betang Lunsa Hilir après une heure de route. Malheureusement, Indra reçoit un coup de fil et doit repartir urgemment à l’hôpital où il travaille, mais il veut nous retrouver pour le déjeuner.

Longhouse

 

La longhouse est immense, bien plus grande que les spécimens bidayuks de Anna Raïs. Elle est aussi incroyablement bien conservée et a gardé sa fonction première puisqu’elle abrite entre 150 et 200 personnes. Chaque porte est surplombée du nom de l’occupant.

 

Nous restons un long moment à tenter de communiquer avec les quelques habitants présents (la plupart sont au travail dans les champs). Nous posons pleins de questions sur les habitations dans l’espoir d’être invités à en visiter une. On nous offre de l’eau minérale, mais pas de visite guidée.

 

Indra nous proposant de déjeuner ensemble, nous remettons nos chaussure et rebroussons chemin. La route se finit de toute façon en cul-de-sac dans 10 km.

 

Une des longhouses aperçus sur le chemin sert d’entrepôt pour le riz.

 

Peu avant la ville, nous découvrons un cimetière chinois.

 

Nous retrouvons Indra et tous ses collègues dans un restaurant qui prépare d’appétissants poissons grillés. Mais il n’y a plus de place et nous allons dans celui d’à côté. Les plats sont en libre service : curry de poisson, poulet, ou légumes, et poissons ou poulet grillés ou frits. On trouve aussi un met que nous n’avons jamais vu ailleurs : des galettes de soja frites.

 

Indra refuse que nous payions car aujourd’hui et demain « il est notre patron ». Son énergie et sa polyglossie nous impressionne beaucoup. Il a passé quelques mois à Java dans un camp de vacances international et appris intensivement le Français, qu’il arrive miraculeusement à entretenir.

 

Nous souhaitons ensuite aller voir le village de Mupa, mais le pont au dessus de la rivière n’étant pas terminé, il faut utiliser un bac. Évidemment on nous annonce un prix touriste, et nous ne voulons pas être pris en otage de l’autre côté lorsqu’il nous faudra retraverser pour rentrer. Nous rebroussons donc chemin et nous arrêtons à un supermarché pour manger une glace. À côté, des jeunes jouent au billard. Nous visitons aussi une énigmatique longhouse.

 

Avant de rentrer à l’hôtel, nous allons voir l’église catholique et son impressionnante statue de Marie. Indra nous a dit qu’il y a environ 30% de chrétiens ici, mais à majorité anglicans.

 

Nous retrouvons Indra pour un quatre heures au bord de la rivière Kapuas.

 

Le soir, Indra nous invite encore manger des satay, brochettes de poulet ou d’agneau grillées et nappées d’une sauce cacahuète. Notre guide nous apprend qu’il nous a réservé un speedboat le lendemain pour descendre le long du fleuve Kapuas jusqu’à Suhaid. De là, des amis nous prendrons en charge à moto pour nous amener jusqu’à Semitau, où habite Yani et Ita, des anciennes collègues.

Nous restons cois à l’exposé de ce programme parfait et allons nous coucher l’esprit tranquille, n’ayant plus à nous occuper de rien.

 

Le lendemain, Indra passe nous chercher pour notre dernier repas en sa compagnie.

 

Il nous emmène à l’embarcadère où nous attendons une heure que le bateau veuille bien partir. Il manque un passager qui finalement ne viendra jamais… Les conducteurs de bateau arriment nos sacs à l’avant de la petite embarcation, ils sont assez nerveux à l’idée de nous emmener car ils se demandent comment communiquer. Nous montrons à Indra notre g’palemo qui nous dépanne toujours en cas de problème.

 

Nous mettons les voiles vers 14h30 au lieu de 13h et découvrons les joies du hors-bord. Sièges inconfortables et vent dans les cheveux. Descendre la rivière Kapuas est une expérience unique. Tantôt nous passons au cœur de la jungle, tantôt nous traversons des villages flottants dont l’unique accès se fait par la rivière.

 

Nous faisons une première pause après trois bonnes heures de trajet et nous sommes ravis de nous dégourdir les jambes tandis que notre chauffeur dépose les grands-parents et leur petit fils de l’autre côté. Il part en trombe en nous faisant signe d’attendre.

Ne vous inquiétez pas, je reviens !!

 

Les habitants sont scotchés de voir deux blancs dans leur petit village flottant, nous sommes leur attraction, et eux la nôtre.

 

Après encore une heure de trajet et quelques arrêts pour prendre d’autres passagers,

 

nous arrivons enfin à Suhaid. Le frère de Fitri, une amie d’Indra nous attend avec un ami pour nous emmener à Semitau où nous passerons la nuit.

Un de nos chauffeurs à moto

 

Nous arrivons chez Ita et Yani dans une magnifique demeure. L’accueil est très chaleureux et convivial. Tout le monde veut des photos et l’on se prête donc à la longue séance qui suit. La maman d’Ita a préparé des chips absolument délicieuses et on repart même avec notre paquet !

 

Les filles nous accompagnent déposer nos affaires à l’hôtel, un peu pourri, du centre-ville. Il est situé juste à côté d’un groupe électrogène qui fait un boucan du tonnerre.

 

Nous allons nous restaurer accompagnés des filles. La journée en bateau nous a creusé mais aussi beaucoup fatigué. Nous ne faisons pas de vieux os et allons rapidement nous coucher. L’eau est un brin saumâtre, ce qui n’incite pas à la toilette.

Attention à ne pas trop se salir en faisant sa toilette

 

Ita et Yani viennent nous chercher à 7h30 pour le petit déjeuner. Nous goûtons un rice pudding avec poulet, c’est délicieux. Visiblement nous sommes les premiers touristes en ville car tout le voisinage débarque pour des photos. On n’arrive même plus à manger !

 

Ita nous prête son scooter pour nous balader dans les environs avant de prendre le bus de 13h. Nous restons sur la route principale de peur de nous perdre (ici notre GPS ne nous sert à rien, aucune route n’est cartographiée !).

 

Nous rencontrons Dede et sa famille qui nous offre le thé. Nous utilisons Google translate pour communiquer et tâcher d’en apprendre un peu plus sur eux.

 

C’est ensuite des réparateurs de motos qui nous arrêtent pour entamer la discussion. Nous leur montrons des photos de la Facel Vega.

 

Tout le monde est vraiment d’une gentillesse incroyable ici et c’est amusant de se retrouver au centre de l’attention.

 

Nous retrouvons Ita et ses amies pour attendre notre bus qui ne veut pas venir.

 

Benjamin tente le stop sur les quelques voitures qui passent, sans succès. Nous montons finalement dans un autre bus, plein à craquer. On nous attribue deux sièges en plastique au milieu de l’allée… Il fait une chaleur étouffante lorsqu’on ne roule pas car il n’y a pas la climatisation…

Nous arrivons en fin de journée à Sintang. Danus, un ami de Indra nous y attend et nous emmène dans un hôtel très honnête (avec climatisation et eau chaude) où nous passons la soirée à nous reposer.

 


Le lendemain, Danus, Ardi, et un autre ami nous emporte à moto au pied du mont Kelam (Bukit Kelam). Bukit signifie colline, mais le roc est bien plus imposant qu’une simple colline, c’est un gunung. Nous nous arrêtons prendre le petit-déjeuner et achetons trois litres d’eau. Selon nos informations datant de 2013, on trouve des sources d’eau en haut, mais nous préférons être prudent.

 

Nous arrivons à la base de loisir où commence l’ascension du mont. Danus et ses amis semblent hésitants et incrédules à notre projet de grimper en haut du rocher. Ils deviennent carrément inquiets lorsque nous leur disons au revoir et veulent absolument nous trouver un guide. Nous les rassurons en leur donnant rendez-vous le lendemain à 13h.


Le récit de l’ascension, c’est ici.


Aux portes de la base de loisir abandonnée, une fresque décrit le mythe de création du mont Kelam. Ce serait une pierre rapportée par un géant depuis Putussibau, qui l’aurait laissée tomber, distrait par des anges.

 

Le mythe a sûrement perdu à la traduction approximative que nous en a donnée la fille de la patronne du troquet.

 

Nous demandons depuis quand le refuge en haut est effondré, mais personne ne sait. L’ascension n’est visiblement pas très populaire et les indonésiens se contentent de traîner dans la base de loisir.

Ardi et son ami nous rejoignent finalement et nous sommes tous invités à admirer le bestiaire derrière le restaurant. Deux singes gibbons, un serpent, et une magnifique chouette.

 

Nos deux amis nous ramènent ensuite à l’hôtel où nous comptons bien rattraper notre nuit de sommeil. Nous nous arrêtons sur le chemin à un musée à l’architecture atypique, fermé.

 

Le soir, nous mangeons dans le seul restaurant de Sintang répertorié sur TripAdvisor, qui est situé à 10 mètres de la guesthouse. Toujours les mêmes plats, on mange pas cher mais monotone sur Bornéo. Nous finissons par un magnum local qui ne démérite pas.

 


Notre objectif du lendemain est de rallier Pontianak pour y prendre un avion pour Surabaya.

 

Nous sommes chanceux puisqu’après avoir trouvé un ophtalmologiste pour nous sortir de la ville, nous embarquons dans le camion d’un homme qui va à Pontianak. Il est très gentil et nous l’invitons à déjeuner dans la cantine où il nous arrête. Benjamin y dévore une dizaine de brochettes satay au poulet, et règle la note pour tout le monde, moins de deux euros.

 

La route est très sinueuse et nous roulons à une moyenne de 40 km/h toute la journée. À une cinquantaine de kilomètres de la ville, notre chauffeur s’arrête pour faire un peu d’essence. Nous sommes contents de voir le bout du voyage. De part et d’autre de la route défilent des bicoques sur pilotis surnageant à peine des marécages à l’eau noire. Les enfants se lavent dedans…

À l’approche de Pontianak, il veut nous aider à trouver un hôtel pour la nuit, avec l’assistance de sa femme qui a été à l’université et parle anglais. Nous avons déjà trouvé un hôtel luxueux à prix attractif, et nous faisons donc déposer au centre-ville devant une magnifique cathédrale que nous ne prenons même pas le temps de photographier.

Merci !!

 

Ayant pris possession de nos appartements, nous réservons nos billets d’avion pour Java le lendemain, nous délassons au sauna/jaccuzzi, et commandons même au room service.

Le grand écart après notre plongée dans le Kalimantan profond.

 

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