L’île du Nord, 2 – 7 mai 2017


Fin de notre voyage enchanteur en Nouvelle-Zélande, une petite semaine à travers l’Île du Nord.

 

 

Nous réservons un shuttle pour l’aéroport, que nous atteignons en vingt minutes. L’avion est petit et le sac de Charlotte, trop gros pour embarquer en cabine, est mis en soute, sans frais supplémentaires.

La vue sur le détroit de Cook est très belle pendant les vingt minutes que dure le vol.

 

Au comptoir Ezi, notre voiture nous attend. Elle a pris une sévère beigne sur l’avant et doit être réparée à Auckland. Elle est globalement assez pourrie.

Nous allons d’abord au parc Charles Plimmer dont la forêt a été utilisée pour filmer la scène de la première rencontre entre les hobbits et un cavalier Nazgûl. Nous rencontrons un Français de la Réunion qui fait un long voyage de six mois, et lui parlons de nos formidables expériences en auto-stop. Il veut aller visiter les studios Weta, mais nous n’avons pas le temps.

 

Nous nous arrêtons à Wellington, Benjamin fort bien disposé accepte de payer le stationnement. Nous essayons des paires de chaussures dans un magasin et notons les références pour les commander sur internet. Nous doutons de la capacité de nos souliers à endurer deux mois d’Amérique Latine… Pour déjeuner, nous entrons dans un restaurant franco-vietnamien qui nous fait envie, et nous ne sommes pas déçus.

Nous reprenons la route et nous arrêtons voir les jardins d’Isengard (qui demandent beaucoup d’imagination) puis marchons vers la rivière Arduin. Le temps n’est pas terrible mais l’humeur est sauvée par quelques shortbreads.

 

Nous nous remettons en route et Charlotte, qui tient absolument à ce que nous prenions des auto-stoppeurs, nous arrête pour prendre un type tout juste sorti d’une voiture. Nous l’avions déjà repéré marchant au bord de la route mais sans possibilité de nous arrêter. Cette fois Benjamin se gare sur le bas côté et Charlotte court à sa rencontre. En le voyant de plus près elle est prise d’un léger doute, il ne semble pas très propre et a une cannette de bière à la main. Il lui explique que c’est un cadeau de son précédent chauffeur, il a l’air inoffensif et c’est difficile de reculer maintenant. Il s’appelle Mike, est hollandais. L’odeur est assez insupportable, mais il est gentil et très intéressant. C’est un artiste peintre qui a choisi une vie faite d’emplois simples, non qualifiés, pour laisser libre court à son imagination lors de ses temps libres. Il est totalement à la marge, sans plan de carrière, sans petite amie, sans smartphone. Il est venu en Nouvelle-Zélande pour travailler mais aussi beaucoup marcher. Il a fait la traversée du pays du nord au sud, en plusieurs mois.

Nous l’avançons sur un peu plus de 100 kilomètres avant de le laisser à notre bifurcation. Il est demandé à Charlotte de faire un peu plus attention dans le choix de nos prochains auto-stoppeurs, car l’odeur n’était quand même pas très agréable. Dans la même ville nous trouvons un supermarché et faisons quelques course. Nous avons prévu d’aller à Tongariro demain faire l’ascension de la Montagne du Destin.

Panique au supermarché car nous ne trouvons plus notre porte-monnaie. Nous en arrivons à considérer la pire hypothèse, celle de nous être fait volés par Mike. L’inquiétude devient paroxystique avant que Benjamin ne retrouve le porte-monnaie sur le sol dans la voiture. Il était simplement tombé du sac.

Après cette petite frayeur nous continuons de rouler jusqu’au camping DOC de Mangawhero, à une vingtaine de kilomètres de Tongariro. Nous y arrivons sur les coups des vingt-deux heures et plantons rapidement la tente avant de nous écrouler de sommeil.

 


Levés aux aurores car la randonnée est plutôt longue, nous nous arrêtons pour boire une boisson chaude dans un café qui vient d’ouvrir, il est encore très tôt.

Au départ de la Alpine Crossing, la pluie est déjà battante et le brouillard bien présent, mais nous avons maintenant l’habitude, et commençons la randonnée sereins.

 

Le paysage nous fait un peu penser à l’Islande, avec ses montagnes recouvertes de toundra. Nous faisons une petite pause sous le toit d’une hutte pour manger nos sandwichs au Nutella. Cet apport calorique nous redonne la motivation pour continuer sous la pluie.

 

Nous croisons beaucoup de gens en sens inverse mais n’y prêtons pas vraiment d’importance, car la plupart sont très très mal équipés. Plus nous avançons et plus les avertissements se font pressants : il faut faire demi-tour, le temps se dégrade et le chemin devient dangereux.

Charlotte finit par écouter ces conseils, lorsque le vent froid vient s’ajouter à la pluie battante et au brouillard. Benjamin veut évidemment continuer pour sentir le danger. Charlotte lui laisse le sac et lui fait promettre d’être prudent. Elle fait le chemin inverse très rapidement et se change tant bien que mal en arrivant à la voiture. Elle est trempée jusqu’aux os.

Benjamin continue sans rencontrer personne jusqu’au pied du mont Ngauruhoe. On ne voit rien. Il continue sur la traversée, les trois kilomètres suivants sont plats et l’atmosphère presque inquiétante. Aucun bruit, aucun signe de vie, et une visibilité réduite. Un groupe de chinois le renseigne sur la proximité du passage difficile. Le froid s’intensifie alors que le chemin remonte, et que la force du vent plaque le randonneur au sol. C’est là, et c’est le moment de rebrousser chemin.

 

De retour à la voiture c’est au tour de Benjamin de se changer. Nous étalons nos affaires tant bien que mal dans la voiture pour tenter de les faire sécher. Nous sommes contents d’avoir une voiture personnelle, nous aurions été bien penauds en auto-stop.

Charlotte prépare des sandwichs tandis que Benjamin reprend la route. On s’arrête à quelques point de vue, mais Charlotte n’est toujours pas réchauffée et reste terrée dans l’habitacle. Benjamin sort prendre les photos.

 

Nous visons la ville de Rotorua, longeons le lac Taupo pendant plusieurs kilomètres, avant de nous arrêter voir les chutes Huka, sans grand intérêt.

 

Dans un pub à Rotorua, Benjamin nous déniche un petit Airbnb qui a l’air vraiment sympa, mais impossible à contacter. Il prend donc l’initiative de faire une demande de réservation. Moment d’angoisse car cette demande nous lie à l’hôte. Que faire s’il ne répond pas rapidement ? Heureusement Victoria est jeune et connectée et nous accepte dans le quart d’heure.

Elle nous expliquera plus tard qu’elle est kiné et a répondu en plein milieu d’un massage grâce à sa montre connectée ! On se dépêche de rejoindre son appartement car sa compagne, comédienne, doit partir dans quelques minutes pour une représentation.

Nous nous installons dans notre palace du soir, nous avons même la possibilité d’utiliser la cuisine et la machine à laver ! Le bonheur. Nous sortons faire quelques courses, puis de retour à la maison, Charlotte s’attelle à la préparation d’un risotto aux champignons gargantuesque.

Victoria nous rejoint et nous présente un peu son parcours atypique. Russe ayant vécu à Londres, elle a immigré en Nouvelle-Zélande avec sa compagne. Elle nous régale d’histoires abracadabrantes, comme savent si bien le faire les russes après quelques (une demi-douzaine) bières.

Tout le monde s’étonne de l’appétit de Benjamin qui ne semble jamais repu. Mais il déçoit ses propres attentes en ne parvenant tout de même pas à finir tout le plat.

 


Après une bonne nuit de repos, et un petit déjeuner partagé avec la compagne de Victoria, nous poursuivons notre route vers Auckland. Il nous faut rendre la voiture demain matin, nous voudrions donc dormir le plus proche possible de la ville, mais pas trop non plus pour ne pas en subir les prix…

Avant cela, Charlotte est bien décidée à s’arrêter à Hobbiton, pour voir le village hobbit du Seigneur des Anneaux. Benjamin freine des quatre fers, car il déteste ce genre de sous-Disneyland.

Peu importe, à l’arrivée Charlotte achète son billet et laisse son homme grognon patienter à une table.

Elle monte dans un autocar et découvre avec délice la petite vidéo de présentation. La visite est bien rodé et ne laisse la place à aucune improvisation. Malgré tout, la ballade au cœur de la Comté est un véritable enchantement, tant les décors sont réalistes. Le parcours balisé des groupes laisse le champs libre aux photos des décors, sans touriste au milieu.

 

À la fin, il est possible de boire une bière brassée sur place dans la taverne Green Dragon, le seul lieu du tournage à avoir un intérieur.

 

Charlotte est conquise par l’accumulation de petits détails et s’imagine vivre sa vie de hobbit.

 

Après un retour en car au milieu des moutons, il est temps de rejoindre Benjamin pour finir notre traversée de l’île Nord.

Il conduit jusqu’à Miranda, petit village sur la baie d’Auckland où nous espérons nous loger, mais rien, et surtout pas le Holiday Park, ne nous fait envie.

Nous continuons finalement jusqu’à Pukekohe, ou après un arrêt dans un motel hors de prix nous sommes un peu abattus. Nous trouvons un pub – il faut toujours aller au pub lorsqu’on ne sait pas où dormir – à l’ambiance saloon. Nous sommes transportés dans le Midwest des États-Unis, confortablement installés au coin d’un faux feu de cheminée. Grâce au vrai bon WiFi nous trouvons un hôtel au prix ultra-attractif. Pris d’une faim soudaine, et trouvant le lieu sympathique Benjamin demande s’il est possible de manger. Comme il n’y a pas de carte, les frites et les chicken fingers sont gratuits avec la bière, il suffit de demander… Incroyable !

Nous reprenons la voiture pour rejoindre notre logement, situé dans une banlieue très calme. Deux Taïwanais nous ouvrent, ils sont dépassés par la situation mais après un appel passé au propriétaire de la maison, nous récupérons une chambre super cosy. C’est parfait.

Nous devrons attendre le lendemain matin pour rencontrer Jack, le propriétaire. Venu de Chine pour faire ses études, il a acheté une maison avec l’aide de ses parents, dont il loue les chambres pour rembourser son prêt et rencontrer des voyageurs.

Nous discutons longuement, avant de rentrer sur Auckland rendre notre voiture à l’aéroport. Nous sommes attendus vers 13h à Mission Bay par Di, l’une des amies rencontrées au pub de Cardrona, qui nous a gentiment offert de nous loger !

C’est avec un peu d’appréhension qu’on se remet au stop, après cette pause de quelques jours. Lorsqu’un taxi s’arrête Benjamin lui explique que nous ne voulons pas payer un taxi, mais en fait celui-ci a fini sa journée et nous propose de monter avec lui ! C’est bien la première fois (mais pas la dernière) que nous sommes pris en stop par un taxi ! Achvine est indien, et encore du Penjab ! Il vit ici avec sa petite famille mais aimerait beaucoup voyager. Il est très curieux et nous pose plein de questions sur notre voyage.

Merci Achvine !

 

Il nous emmène quasiment jusqu’à destination, et il ne nous reste plus qu’à prendre un bus -5,5 $ les trois kilomètres, Benjamin s’en étrangle presque- pour rejoindre Mission Bay.

Nous arrivons vers midi et nous nous attablons non loin de notre point de rendez-vous, dans un café à l’air tout à fait branché. La nourriture est délicieuse, les boissons à tomber et les pâtisseries achèvent de nous convaincre que les Néo-Zélandais sont loin d’être des rustres.

 

Charlotte part en reconnaissance pour voir si Di est de retour chez elle, et après des embrassades elle repart chercher Benjamin et leur barda.

Nous sommes accueillis comme si nous faisions partis de la famille par Di, son mari Neil et leur chien. Nous partons faire quelques courses pour préparer un gratin de pomme de terre pour le barbecue familial du soir. C’est l’anniversaire de Cole, son neveu. Charlotte propose de faire un gratin dauphinois pour l’occasion.

L’après-midi se passe en papotage et cuisine. Hannah, la fille de Di, nous laisse sa chambre car elle part en week-end VTT avec son père. Elle ira à Londres à partir du mois de juin et nous l’encourageons à nous contacter si elle veut venir sur Paris.

Nous partons ensuite à la découverte de la famille de Di, car tout le monde est réuni pour cet anniversaire. Nous rencontrons Cole, jeune homme de 14 ans, nain et débordant d’énergie ! Ainsi que son père Gary, sa nouvelle compagne Kristin, le grand père, et les différents frères et sœurs de Cole. C’est une joyeuse famille, pleine d’amour et de tendresse.

 

Nous passons la fin de soirée à regarder un match de rugby avec les frères de Cole, dont l’un joue dans l’équipe de son lycée. Nous observons que les Néo-Zélandais préfèrent encourager n’importe quelle équipe autre que celle d’Australie ! Ils nous font bien rire avec leur obsession anti-australienne. Di est saoule et c’est donc Benjamin, un peu moins ivre, qui prend le volant pour nous ramener à la maison. Charlotte veille à ce qu’il roule à gauche et nous arrivons sains et saufs.

 


Le lendemain, la nièce de Di vient nous rendre visite. Nous étudions les plans de la maison de Di qui sera bientôt réaménagée, et comparons les échantillons de carrelage et de parquet. Une vraie matinée de filles !

Di nous emmène ensuite découvrir la côte Ouest d’Auckland. Nous nous arrêtons d’abord sur la plage de Muriwai pour un petit casse-croûte.

 

Puis nous rejoignons des amis qui construisent une maison. Elle est au stade d’ébauche, seules les poutres en bois permettent de deviner la structure. La vue est époustouflante, et permet même d’apercevoir, par beau temps, la courbe de la baie.

 

Nous rentrons sur Auckland et après un petit tour de la ville dans la nuit, Di nous propose d’aller manger au resto italien du coin. Nous y allons avec plaisir, contents de partager cette dernière soirée en sa compagnie.

 


Di nous dépose de bon matin au musée d’Auckland, car nous voulons assister au spectacle sur la culture Maori.

Au revoir Di !

 

Les Maoris viennent chercher les spectateurs dans le musée et les guident jusque dans leur salle de spectacles. Ils sont en costumes traditionnels et jouent d’instruments bien à eux. Chants, découvertes musicales, et des coutumes, légendes et le fameux haka à la fin, nous en prenons plein les yeux et les oreilles.

 

 

La migration des peuples maoris s’est d’abord dirigée vers l’Est, à travers les Philippines, l’Indonésie, les Fidji et Samoa, jusqu’au îles Marquises. Ils ne sont arrivés en Nouvelle-Zélande que récemment (1200 après J.C.), depuis les îles Cook et Tahiti.

 

Nous poursuivons avec l’étage consacré à la découverte de la faune et la flore de Nouvelle-Zélande, puis à celle de l’Histoire.

L’emblème de la Nouvelle-Zélande

 

Nous apprenons avec stupéfaction que l’effort de guerre néo-zélandais était le plus important de tous les alliés ! Un homme sur cinq est allé se battre auprès des alliés durant la seconde guerre mondiale !

 

Tom, l’ami de Magui, nous retrouve à la cafétéria du musée. Il nous propose de nous emmener en ville découvrir les quais. Nous regardons les voiliers entrer dans la marina avec envie. Puis nous cherchons de la colle silicone pour réparer notre tente. Il nous faut visiter plusieurs magasins de camping avant de trouver le fameux tube ainsi que du savon pour laver nos vestes imperméables.

 

Tom nous invite ensuite pour le thé. Nous tombons carrément sous le charme de son appartement avec ses hauts plafond, ses immenses fenêtres et son parquet d’origine. Benjamin découvre que Tom est tout comme lui un grand amateur de musique pop et de Hifi. Il choisit, extatique, Black Star, le dernier album de Bowie, et lance la sono. Nous rencontrons également Paula, la femme de Tom, universitaire avec des origines maoris et auteur de romans.

Tom nous dépose chez l’une de ses amis, dont le studio au fond du jardin vient de se libérer et qu’elle nous prête gentiment pour la nuit.

Nous sommes lessivés par nos aventures néo-zélandaises et apprécions cette soirée tranquille tous les deux, la première depuis un petit bout de temps. Nous lançons même le visionnage du premier Seigneur des Anneaux pour reconnaître les paysages vus en vrai, mais tombant de fatigue, nous finissons par aller nous coucher avant la fin.

Le lendemain, Tom nous dépose à l’aéroport, où nous nous envolons pour Tahiti. Retour au soleil.

 

La route est longue...

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