De Copacabana à Isla del Sol, 29 juin – 1er juillet 2017


Petite randonnée pédestre pour visiter Isla del Sol en dehors des sentiers battus.

 

Le trajet en bus nous semble incroyablement long jusqu’à Copacabana. Bien qu’étant habitués à parfois perdre notre temps en auto-stop, nous trépignons d’impatience lorsque placés dans un bus. Ce mode de transport nous est de plus en plus insupportable -surtout Benjamin-. Nous devons descendre du bus à San Pablo de Tiquina afin de monter dans une petite embarcation (2 Bs. /pers. ) qui nous fait traverser le détroit.

Nous arrivons de nuit et allons toquer à la porte d’hôtels repérés un peu plus tôt dans la journée. Nous trouvons finalement une chambre correcte à prix correct dans un petit hostal un peu éloigné du centre.

Nous nous couchons tôt car nous voulons être en forme pour notre journée de randonnée demain. Nous avons décidé de suivre la côte jusqu’à la pointe la plus proche de l’Île du Soleil. La route longe le lac Titicaca sur 17 kilomètres.

Après un petit déjeuner à l’hôtel, nous faisons quelques courses de dernière minutes (notamment des cookies que nous espérons aussi bons que dans le Salar de Uyuni, espoir, hélas, encore déçu). Le marché est empli d’images d’Épinal, mais impossible de prendre des photos sans s’attirer l’ire des mémés boliviennes.

 

Nous sortons finalement de la ville.

 

Nous passons tout d’abord au plus proche du lac, nous enfonçant dans les champs, avant de rejoindre progressivement Camino a Sampaya. Nous croisons quelques alpagas accompagnés par leur maîtresse.

 

La route est peu empruntée mais les rares voitures qui passent ne manquent jamais de soulever un énorme nuage de poussière qui nous fait systématiquement tousser.

Islas Flotantes de Challapampa

 

Le long de la côte se distribuent plusieurs stations de détentes et d’hébergement pour touristes, des islas flotantes. Toutes semblent désespérément mortes. En prenant un petit peu de hauteur, nous apercevons derrière nous Copacabana quitté ce matin.

 

Nous nous arrêtons juste après Chani sur une petite plage en face de Cerro Pucara pour manger nos sandwichs.

 

Nous commençons à monter en direction de Gruta de la Virgen de Lourdes. C’est extrêmement pénible, et nous n’avons même pas le courage de grimper les escaliers pour rejoindre la vierge. Lorsque le chemin se divise, nous choisissons de continuer à longer le lac.

Le plus dur est grimpé

 

Nous descendons finalement et arrivons dans un village en fête.

 

Les femmes portent leurs plus belles jupes et chandails tandis que les hommes sont tous chapeautés. Ils dansent sur la place du village où la bière coule à flot. Nous essayons d’en savoir plus, sans succès, notre espagnol étant trop limité.

Alors que nous marchons, un vieil homme nous interpelle et commence à égrainer une impressionnante collection de cartes postales du monde entier, énumérant la provenance de chacune à Charlotte, trop bonne pour protester. C’est le célèbre Senor Hilario Quisp-Paye et sa fameuse collection de cartes postales, référencés depuis vingt ans dans le Lonely Planet. Il nous propose de nous emmener en barque sur la petite péninsule en face, mais nous préférons continuer notre route.

 

La péninsule dont Senor Hilario Quisp-Paye est spécialiste

 

En arrivant près du village de Yanpupata nous repérons une petite colline sur laquelle nous espérons pouvoir planter notre tente. Benjamin part faire du repérage. Pendant ce temps Charlotte voit arriver deux villageois qui ne tardent pas à proposer leur service pour nous emmener le lendemain matin sur Isla del Sol. Nous fixons un horaire et un prix (30 Bs., une petite fortune pour traverser en bateau à moteur) puis nous plantons la tente. Difficile de trouver un coin abrité du vent et plat mais nous avons vu bien pire.

 

Après un copieux dîner près du feu, nous restons à observer les étoiles avant de nous mettre au lit.

 


Au matin, nous avons à peine fini de petit-déjeuner que nous voyons arriver un vieil homme qui ne nous lâche pas les baskets pour que nous montions dans son bateau. Nous essayons de lui expliquer que nous avons déjà rendez-vous avec quelqu’un d’autre mais il s’accroche… Jusqu’à ce que nous comprenions qu’il est envoyé par notre homme d’hier.

Nous montons dans sa barque, la traversée dure vingt minutes.

 

Nous arrivons au pied d’un camping et Charlotte doit trouver rapidement du change car évidemment nous n’avons pas le compte juste et notre pêcheur n’a pas de monnaie.

Nous faisons la connaissance de Rex, un chien qui ne nous quittera pas de toute la journée. Il nous guide à travers champs jusqu’à des vestiges incas Templo del Sol Pilcocaina, que nous visitons rapidement -les plus intéressantes ruines étant au nord de l’île.

 

Nous profitons de la traversée du village de Yumani pour refaire le plein en eau à la Fuente del inca puis nous nous dirigeons vers la côte Est avec dans l’idée de rejoindre Camino Norte. Plusieurs habitants nous interpellent pour nous dire que nous ne pouvons pas passer par là mais nous ne comprenons pas vraiment de quoi il retourne.

 

Jusqu’à ce qu’un jeune homme parlant quelques mots d’anglais nous explique que nous ne pouvons pas nous rendre au nord de l’île : suite à un contentieux impliquant la construction d’un hôtel de luxe au nord de l’île, la communauté du sud bloque les touristes pour punir la communauté du nord.

Benjamin décide tout de même de tenter notre chance et nous continuons sur le sentier. Lors de notre descente sur la plage, nous apercevons trois hommes courant à notre rencontre…

 

Ils nous expliquent que nous ne pouvons aller plus loin et qu’il nous faut faire demi-tour. Benjamin argumente en espagnol by Google, mais les hommes sont des Boliviens, sans aucune empathie. Nous prenons le temps de faire une pause, espérant les avoir à l’usure, mais ils patientent avec nous. Nous capitulons finalement et ils nous ramènent sur la chemin côté plage, après avoir évidemment refusé de faire une petite photo souvenir.

Défaite

 

Quelques mètres plus loin nous rencontrons deux sympathiques Espagnols qui comme nous pensaient réussir à accéder au nord de l’île. Nous leur souhaitons bonne chance.

 

Nous repartons tranquillement en sens inverse, traversant de petits hameaux jusqu’à notre retour à Yumani. Nous faisons même quelques rencontres agréables. Décidément nous ne comprenons pas ce pays.

 

Playa Japapi, le seul sentier permis aux touristes

 

Nous faisons un tour dans le petit village puis affamés, nous posons dans un parc avec une vue incroyable sur l’île. Charlotte prépare le repas du midi que nous dévorons. La marche creuse.

 

Benjamin voudrait camper sur l’île mais Charlotte préfère rentrer à Copacabana pour la nuit. Le désaccord dans le couple est âpre mais l’île ayant tout livré, Charlotte finit par gagner.

 

Nous nous dirigeons donc vers le port pour acheter nos billets retour hors de prix. Rex nous suit toujours et nous sommes peinés de le laisser à l’embarcadère.

Le bateau démarre et longe la côte jusqu’au site de Tempo del Sol Pilcocaina que nous avons déjà visité le matin même. Il s’arrête pour que ceux qui le souhaitent puisse visiter le monument. Nous reconnaissons les gémissements canins de Rex qui a couru tout le chemin pour nous rattraper. Ça nous fend le cœur de le voir si triste.

Benjamin ronge son frein durant la traversée, il n’aime pas être dans un bateau comme tout le monde.

 

Nous retournons dans notre petite auberge à Copacabana en empruntant la rue principale, hideusement touristique. Nous préférons manger des nouilles dans notre chambre.

Demain nous passons au Pérou.

La route est longue...

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