Battambang, 28 – 31 janvier 2017


Escale gourmande à Battambang, après un séjour avorté à Kampong Luong.

 

Nous prenons un bus jusqu’à son terminus au nord de Phnom-Penh et commençons à lever le pouce, un signe qui apparemment ici ne veut rien dire, même si quelques routiers réagissent.

Un mini-van s’arrête mais ne va pas assez loin, puis un autre complètement vide nous prend pour 5$/pers. Vu le soleil de plomb, nous n’hésitons pas. Arrivés à Krakor, nous commençons à marcher vers le village flottant de Kampong Luong quand un couple de chinois se rendant au village propose de nous y emmener. Ils n’habitent pas loin de Siem Reap et vont à Battambang ce soir. Sur la route vers le village, un parc d’attraction de fortune s’est constitué à l’occasion du nouveau an chinois.

Le village flottant est cracra. Il est constitué de maisons flottantes sur rondins. Trois d’entre elles offrent le gîte et le couvert pour 6 dollars la chambre.

 

Nous nous retrouvons à faire le tour en bateau qui n’a aucun intérêt, une heure d’ennui sans même pouvoir prendre de bonnes photos.

 

C’est heureux que nous ayons trouvé Sophia et sa famille car nous n’avons aucune envie de rester dormir dans cet endroit miteux et poursuivons donc avec eux vers Battambang.

 

Nous arrivons de nuit sans réservation et nous faisons déposer devant le First Hotel, pour petit budget. Nous écopons d’une immense chambre aux murs carrelés, qui ressemble un peu à une cellule de prison… Nous disons au revoir à nos amis chinois puis ressortons rapidement manger afin de remplir nos estomacs dont le dernier repas remonte à la veille !  Nous débarquons dans un restaurant associatif, recommandé par un routard de l’hôtel. Nous commandons un petit assortiment de plats khmers et nous nous régalons du tout au tout.

 


Le lendemain, la matinée se passe à attendre notre changement de chambre… La nouvelle ressemble d’avantage à un endroit destiné à dormir en Homme libre, et a l’eau chaude.

Enfin partis nous avons du mal à retrouver notre motivation (qui s’est fait la belle depuis la Thaïlande)  et nous passons de restaurants en cafés avec câlinage de chaton ronronneur.

 

Nous décidons de faire le parcours historique de la ville mais sommes rapidement las et rentrons pour avancer sur le blog.

 


Deuxième jour, nous partons avec l’idée de louer un scooter pour aller voir la campagne alentour et la grotte aux chauves-souris. Nous trouvons un loueur crapoteux, mais il faut laisser nos passeports et nous n’avons pas vraiment confiance.  Finalement nous retournons à l’hôtel pour louer certes un peu plus cher, mais avec l’assurance de revoir nos passeports.

Benjamin qui a lu en diagonale le Lonely Planet propose d’aller voir un vignoble (incroyable !) vers Banan. Nous voilà donc casques sur la tête et corps au vent sur notre petit bolide, avalant les kilomètres pour trouver cette fabrique. Évidemment il aurait fallu lire plus attentivement les explications, car une fois à Banan nous découvrons que nous avons poussé beaucoup trop loin et que le vignoble était simplement “en direction de”.

Décor khmer pour ce couple de mariés

 

Pas question d’être venus pour rien, nous allons donc visiter un wat (en fait, les ruines d’un temple) situé sur une petite colline.

 

Pour 2$ l’entrée,  il n’y a rien d’extraordinaire. La montée des marches est impressionnante, mais le temple en assez mauvais état, ne casse pas trois pattes à un canard. Heureusement un marchand de glace contente Benjamin qui grimpe sans trop rechigner.

Après un petit dérapage en scooter à cause d’une poussière dans l’œil, nous trouvons finalement le fameux vignoble. Ou plutôt un parc à Chinois venus goûter un vin qui ne peut pas être bon : Les vignes poussent en l’air… La dégustation coûte 3 dollars, nous ne ferons pas honneur au seul vignoble du Cambodge.

Vignoble cambodgien

 

Nous reprenons la route vers la bat cave, une des attractions majeures ici. Nous suivons une route caillouteuse pour traverser la campagne cambodgienne.

 

Nous arrivons un peu trop tôt devant la grotte, à cette saisons le soleil se couche après six heures. Nous décidons de nous offrir une bière (toujours bien méritée). Avec un peu d’appréhension nous demandons le prix,  mais il faut reconnaître que les cambodgiens sont fair-play, ils ne pratiquent pas de tarifs touristiques indécents. Nous attendons la sortie des chauves-souris alors que toujours plus de touristes affluent.

 

Les chaises autour de nous se remplissent peu à peu, et lorsque la première chauve-souris pointe le bout de son nez tout le monde plisse les yeux pour observer le phénomène. Au début, il est difficile de distinguer ce qu’il se passe, mais petit à petit la nuée se détache sur le ciel bleu. Et pendant plus d’une demi-heure nous observons ce phénomène qui ne souffre d’aucune interruption. Il y a environ un million de ces petites bêtes qui sortent à chaque crépuscule pour nettoyer les rizières des insectes. Il est estimé que cette prédation, en protégeant les récoltes de riz des nuisibles, permet de nourrir 20 000 cambodgiens. Un bel exemple de coopération biologique.

 

Nous rentrons de nuit et pestons après l’hôtel qui nous a refilé un scooter sans feux… Nous nous arrêtons manger chez About the World, un autre excellent restaurant de Battambang, et finissons par un dessert de choix au Choco l’art café, déjà approuvé la veille. Nous réservons un cours de cuisine khmère pour le lendemain matin et rentrons à l’hôtel.

 


Départ de bonne heure pour notre dernière matinée dans cette ville provinciale.

 

Nous faisons la connaissance de Josh, un américain en voyage autour du monde, et de notre chef Vannek, qui nous attendent au Smokin’ pot.

Le Chef Vannek

 

Confortablement installés dans le tuk-tuk charrette, direction un marché vraiment local pour faire nos courses. Vannek nous fait découvrir les produits locaux (fruits, légumes, herbes…). Nous restons admiratif devant la machine à extraire le lait de coco frais. Nous achetons un poisson encore vivant qui nous servira pour le Amok, un plat typiquement khmer. La poissonnière l’achève en le fracassant au sol, avant de l’écailler avec dextérité.

 

Nous repartons avec nos achats en direction de la campagne, car Vannek nous emmène cuisiner chez lui.

Alignement de woks

 

Le cours commence avec la préparation d’une pâte à base de citronnelle, feuille de citronnier et ail. Nous découvrons, comme le dit Vannek lui même, que la cuisine khmer n’est pas très technique, et repose sur le bon dosage des condiments, légumes et épices. Vannek entend nous mettre dans les conditions de cuisine d’une famille populaire : pas d’électroménager moderne, nous cuisinerons dehors avec des moyens de cuisson rudimentaires : un cuit-vapeur, des feux, et des woks en aluminium.

 

Nous sommes très appliqués et essayons de plier avec précision nos feuilles de banane qui serviront de récipients au amok de poisson, cuit à la vapeur.

 

Nous apprenons également à préparer un lok lak, et un poulet épicé.

 

À la dégustation, tout est un vrai régal même si nous avons une préférence pour le amok, qui nous en met plein les papilles.

 

Il est déjà l’heure de rentrer et Vannek nous raccompagne jusqu’à son restaurant où il nous délivre notre carnet de recettes cambodgienne.

Nous marchons jusqu’à notre hôtel et attendons le bus qui nous emmène cette après-midi à Siem Reap. Il est temps pour nous de découvrir les plus beau temples d’Asie du Sud-est : les temples d’Angkor.

 

La route est longue...

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