Jianshui, Yuanyang, et les terrasses de riz, 27 – 30 octobre 2016


Le Yunnan est réputé pour ses paysages ruraux et naturels époustouflants. Nous nous dirigeons aujourd’hui vers une des attractions majeures ayant contribué à former cette réputation, les terrasses de riz de Yuanyang. Nous en profitons pour nous arrêter à mi-chemin à Jianshui, une vieille ville charmante dotée d’un très beau temple confucéen.

 

 

Jianshui et son temple confucéen

Après deux heures infructueuses pour tenter d’acheter un smartphone chinois à Charlotte, nous prenons un premier bus (le C71) qui nous conduit à la gare routière sud de Kunming où nous embarquons à 15h30 pour Jianshui.

Nous arrivons 3h30 plus tard dans cette ville où règne une atmosphère estivale.

 

La rue principale en pierres naturelles est dotée d’un terre-plein central passant sous des pagodes.

 

Il fait bon, quoiqu’un peu humide. Nous avalons les 3 km nous séparant de la porte Chaoyang.

 

Après avoir déposé nos sacs à notre hôtel, nous partons à la recherche de nourriture dans la rue Han Lin.

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Le temps de la parcourir, nous réalisons que les restaurants ferment tous progressivement… Il n’est pourtant que 20h30 !  Nous commandons rapidement deux excellents plats de porc au barbecue accompagnés de gâteau de farine de riz : c’est très différent de ce que nous avons goûté jusqu’ici, et beaucoup moins gras.

Sur le chemin du retour, nous constatons que la ville s’est rapidement endormie. La vie nocturne est inexistante en Chine, sauf dans les boutiques de téléphonie mobile qui restent ouvertes très tard. Il y a davantage de ces boutiques que de supermarchés ! Même si le marché est énorme et les chinois ultra-connectés, c’est surprenant.

 

Le lendemain, nous nous levons tôt pour avoir le temps de visiter le temple de Confucius.

 

Alors que la gymnastique commence, c’est déjà l’heure pour nous de prendre le bus.

 

 

Yuanyang et ses terrasses de riz

Les terrasses de riz de Yuanyang, à sept heures de route de Kunming, sont réputées pour susciter cet émerveillement issu de la parfaite combinaison entre la donne de la nature et le travail humain : les flancs des montagnes patiemment terrassés par les hommes.

Nous prenons l’unique bus de la journée pour Xinjie, le point de départ pour les terrasses. La route est très belle, et serpente au milieu des montagnes vertes. On peut observer beaucoup de bananiers.

 

À la sortie de Nansha, nous avons droit à un petit contrôle de police pour qui nos têtes blondes ne passent pas inaperçues. Mais les policiers chinois sont toujours très corrects avec les occidentaux, visiblement soucieux de donner une image irréprochable de leur pays.

À notre arrivée à Xinjie nous montons immédiatement dans un minivan qui nous emmène au tourist information center afin que nous achetions nos billets pour l’entrée des différents points de vue. C’est cher, 100¥ par personne. Avant de nous déposer dans notre village de résidence, notre chauffeur nous arrête deux fois en chemin pour que nous prenions des photos. Nous ne le savons pas encore mais ce sont les plus belles vues que nous aurons des terrasses…

 

Arrivés au village, nous suivons les indications de notre chauffeur mais passons sans le voir devant notre “hôtel”. Nous déambulons dans les rues à sa recherche. C’est un petit choc : la disparité de conditions de vie entre la Chine urbaine et rurale est presque choquante. Ici, les animaux vivent au milieu des hommes. Nous croisons cochons, poules, vaches dans les rues. Nous voyons aussi pour la première fois les femmes Hani en costumes traditionnels. La population est plus réfractaire au tourisme que dans le reste de la Chine. Les gens refusent de nous aider à trouver notre hôtel. C’est la première douche froide.

 

Nous revenons sur nos pas et identifions finalement l’endroit censé nous accueillir. Rien d’étonnant à ce que nous l’ayions raté au premier passage : il faut passer par un immeuble en construction pour y accéder. L’endroit est dégoûtant, il n’y a personne, nous repartons.

 

Sur la route une voiture s’arrête et nous demande si nous cherchons un endroit où dormir. Son prix est correct (rétrospectivement, très bon pour la pension complète) et le courant passent bien. Nous sautons sur l’occasion et nous voilà partis pour le Red Flag Hotel. Il n’est pas tout à fait terminé, mais les chambres sont spacieuses, la décoration est jolie, nous avons vue sur les rizières et il y a une salle de bain privée. Nous sommes les seuls dans l’établissement, ce qui est vraiment sympa. Acai, la gestionnaire, nous fait faire un tour du village.

 

Nous visitons une maison “champignon”, les maisons traditionnelles Hani. Au rez-de-chaussée, les animaux, au premier une grande pièce commune avec un coin pour cuisiner. La pièce est vide, nous supposons que les habitants dorment par terre.

La pièce principale d'une maison traditionnelle Hani

La pièce principale d’une maison traditionnelle Hani

 

Au grenier, les maïs sèchent au plafond : les provisions de riz et autres graines sont stockées ici. On peut accéder à une partie plate du toit où les Hani cultivent un petit potager. Acai nous explique qu’il est difficile de faire pousser autre chose que du riz sur les terrasses, chaque famille utilise donc son toit comme jardinière.

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Nous nous dirigeons ensuite au cœur même des rizières. Nous descendons d’abord en suivant le système d’irrigation, puis en longeant ensuite chaque parcelle. Une fois de plus nous sommes choqués par le nombre de détritus qui jonchent chaque recoin… C’est vraiment dommage. Néanmoins la vue est vraiment belle et nous avons hâte de voir le lever de soleil.

 

Nous rentrons pour le dîner.

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Acai nous avait proposé de partager leur repas mais nous nous attendions vraiment pas à ça : nous sommes intégrés et siègeons à la même table. Une famille du Sichuan reste également dans l’hôtel pour le mois entier. Les hommes travaillent à un projet de construction dans le village. C’est son oncle qui cuisine, il y a une dizaine de plats disposés sur le plateau tournant de la table, tous meilleurs les uns que les autres. C’est un vrai régal, tout en étant beaucoup plus diététique que la streed food affectionnée par Benjamin.

 

On nous sert un verre de Baijui artisanal, de l’alcool blanc à 60 degré ! Benjamin arrive courageusement à suivre et finira son verre, après deux gorgées Charlotte capitule et passe au thé.

 

Levé 6h30, pour voir le soleil éclairer les rizières… Et retour au lit illico : c’est tout brumeux, il pleut des cordes et il y a même des éclairs ! Après un déjeuner à la hauteur du dîner, nous partons à pied découvrir les environs : village traditionnel et tea factory au programme.

 

Quelle déception ! Nous traversons des villages où se mélangent désolation et projets de construction. Les habitants ne sont pas très affables, c’est le moins que l’on puisse dire. Il faut dire qu’ils travaillent durs physiquement : il y a très peu de machines-outils pour un si gros chantier : les femmes, supplées par quelques ânes, transportent d’important rochers, tandis que les hommes piochent.

 

Au milieu des rizières, nous dérangeons quelques paysans.

 

Nous finirons par rebrousser chemin vers 17h30 sans avoir identifié la tea factory. L’accueil des enfants réchauffent le cœur : curieux, rilleurs, et toujours prêts pour une séance photo.

 

Sur le chemin, un accrochage entre un camion et un minibus créé un embouteillage et un petit attroupement. Deux hommes s’expliquent avec animosité…

Le repas du soir est basé sur les mêmes ingrédients que le jour précédent : bœuf sauté au bambou, poulets aux poivrons (très épicé), pommes de terre, soupe de concombre, œufs, tofu. Les gens mangent toujours les mêmes aliments, seul leurs présentations varient entre les repas. Nous faisons part de nos impressions à Acai, qui nous questionne sur la richesse des paysans français. Certes ils sont plus riches que les paysans chinois car ils ont des machines, mais Benjamin tente ensuite d’exposer le problème de la baisse de leur niveau de vie et de la course effrénée au rendement à cause de la concurrence européenne… On ne se refait pas.

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Sun et sa mère, qui a préparé tous nos repas.

 

Benjamin descend quelques bières avec Sun, jeune homme de 21 ans accompagnant son père sur son chantier. Ça passe mieux que le Baijui.

 

 

Le lendemain, nous sommes de bonne heure au viewpoint de Duoyishu à 6h45, malgré le temps maussade. On ne voit rien. Un groupe d’italiens est écœuré de s’être levé pour cela.

 

Nous discutons ensuite avec un allemand à l’anglais parfait (c’est souvent le cas avec les allemands) qui attend patiemment que ça se lève. Ils a beaucoup voyagé en Asie du sud-est ainsi qu’en Inde, et nous donnent plein de conseils pour la suite de notre voyage. Nous le quittons trois quarts d’heure après, le paysage, toujours bouché, à aussi entamé son optimisme.

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Après les adieux, nous rejoignons la station de bus de Xinjie pour le retour à Kunming. Le lendemain, direction Dali au nord, car le temps file.

 

 

La route est longue...

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