Voyage à travers la Russie : bilan, préjugés, et réalité 


Avec un mois de recul après avoir bifurqué sur le transmongolien, voici le bilan de notre voyage transsibérien.

 

Il nous faut d’abord détruire le mythe. Non, le transsibérien n’a rien d’extraordinaire en soi. C’est un mode de transport vétuste (il est d’ailleurs question de moderniser les fameux compartiments de Platskart qui fascinent tant les occidentaux), dont le principal argument est le prix. C’est cependant de moins en moins vrai, certains tarifs aériens étant particulièrement agressifs sur cette route.

Reste le plaisir de voyager au long cours sur de très longues distances en évitant l’avion. Moins de contraintes (pas besoin de se séparer de son couteau), moins de stress, et le plaisir de mettre à pied à terre au cœur de la ville, sans passer par les hideuses zones aéroportuaires.

Ce mode de voyage permet aussi de ressentir physiquement et émotionnellement les très longues distances. Expérience intéressante et à contre-courant du mode de vie occidental où l’utilité de chaque seconde doit être maximisée. Perdre son temps dans un train circulant à 80 km/h de moyenne, voici un luxe qu’il est aujourd’hui difficile de se permettre dans une société post-industrielle.

 

Ce que nous en attendions / ce qui est réellement

Un pays un peu en désolation / la Russie est une grande puissance, comme en témoignent ses villes toutes très actives. Moscou est une ville monde à l’image de Londres ou New-York. Saint-Pétersbourg,  en cours de muséification, ressemble davantage à Paris. Il y a cependant un énorme décalage entre ce qui relève de l’entretien public et du privé : l’intérieur des immeubles est très délabré). Sorti des grandes villes, la pauvreté aussi devient plus visible.

Des blonds aux yeux bleus / la Russie est au carrefour eurasiatique, et l’on est frappé par sa diversité ethnique. Sur la route transsibérienne, les types caucasiens laissent peu à peu place aux Kazakhs et Turco-mongols. Pas de tensions ethnico-religieuses pour autant : le pays est une fédération immense divisée en oblasts en cohérence avec cette répartition ethnique. Nous n’y sommes pas passés, mais la République du tatarstan et sa capitale Kazan est un exemple exquis de diversité ethnico-religieuse au cœur même de cet ensemble. Conséquence de cette diversité, le touriste est incognito (nous nous sommes fait abordés de nombreuses fois en russe par de jeunes russes cherchant un renseignement).

La Russie est un pays oppressant / derrière la rigidité bureaucratique (ne pas s’amuser à jouer avec les dates de validité de son visa par exemple), la vie en Russie est en fait, comme pour toute les démocraties modernes, assez libérale. Le touriste y court en liberté.

Les russes sont froids / c’est vrai, mais contrairement aux français, ils sont très gentils une fois la 1ère barrière abattue.

Les russes ne parlent que russe / c’est vrai, à part la jeune génération instruite des villes. Prévoir un bon traducteur hors ligne, avec un clavier en cyrillique c’est encore mieux pour interagir.

 

Ce qu’il est utile de savoir :

– dans les immeubles, le rdc est le premier étage.

– pour signifier le chiffre 1, il faut montrer l’index et non le pouce. Sinon personne ne comprend.

– quelle que soit la ville il est souvent pénible de s’y déplacer à pied. Très peu de passages piétons, obligeant à faire de gros détours. Le taxi n’étant pas très facile d’utilisation (l’absence de compteur kilométrique ou de prix standard au km incite à la méfiance), s’attendre à marcher beaucoup.

– les auberges de jeunesses peuvent être dans des appartements. Il y a rarement une signalétique les annonçant. Une fois à la bonne adresse, rentrer dans le bon immeuble et essayer les différents étages. Souvent un voisin peut aider. Ce sont les moins touristiques, on n’y rencontre que des russes. Elles sont néanmoins répertoriées sur Booking -du moins en basse saison- et un peu moins chères que les auberges plus classiques. À éviter si l’on cherche des contacts avec d’autres backpackers, mais parfait pour les couples (chambres doubles quasiment pour le même prix que deux lits en dortoir). La propreté des auberges est toujours irréprochable.  

– de manière générale, tous les lieux recevant du public sont d’une propreté étincellante.

– pour toute démarche impliquant une formalité administrative (envoyer un colis, acheter un billet de train international), prévoir trois fois le temps habituel. Ici les règles sont appliquées scrupuleusement, et ça prend du temps.

– ce qui conduit à avertir que les russes sont les champions pour gruger les queues. Sûrement parce qu’en raison du point précédent, chaque place gagnée est précieuse. Cela se pratique ouvertement, sans aucune honte. Il faut défendre physiquement sa place (ne pas compter sur une quelconque efficacité d’un regard désapprobateur).

– il est payant d’apprendre à déchiffrer l’alphabet cyrillique. C’est amusant et cela facilite la navigation en ville.

– il est avantageux d’acheter une carte sim russe. Environ 900 R, pour 40 Go de data et les communications illimitées pendant 1 mois. Si l’on trouve l’internet à haut-débit dans toutes les auberges, les réseaux WiFi public gratuit nécessite un numéro de mobile russe pour s’y enregistrer et en bénéficier.

Bon voyage en Russie !

 

 

La route est longue...

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