Saint-Pétersbourg, 1 – 4 septembre 2016


Abreuvé de propagande otanesque, l’occidental lambda redoute l’entrée en Russie.

Passée la surprise d’attendre -littéralement- cinq bonnes minutes pour les vérifications et tamponnages de rigueur, force est de constater que le passage de la frontière se fait sans complications. Aucune question, juste un sourire de l’agent d’immigration (de sexe féminin et correspondant au stéréotype slave) qui vous rend votre passeport. Conclusion temporaire: Pour voyager en Russie, il faut juste accepter les règles de sa bureaucratie.

Le soulagement d’avoir passé la frontière laisse place à une nouvelle inquiétude: comment se repérer avec les panneaux écrits en cyrillique, et comment se faire comprendre ? Levons tout suspens, c’est assez difficile. La barrière de communication est semblable à celle que l’on ressent en Grèce par exemple, sauf qu’en Russie, aucun effort n’est fait pour proposer la transcription systématiques des noms de lieux en alphabet latin. Se repérer consiste donc en un déchiffrage assez laborieux pour nous qui ne sommes pas très portés sur les langues (il semble pourtant qu’avec un peu de méthode, déchiffrer le cyrillique ne soit pas si compliqué).

Les russes sont très gentils, mais pas particulièrement aidant: si le traducteur instantané de notre tablette, dont nous nous sommes aidés par exemple pour prendre nos billets de train ou faire des courses au supermarché, les a amusés, sa performance les a laissés sceptiques. Mauvaise volonté ou algorithme de Google traduction défectueux ? Impossible de le savoir. Heureusement, sourire, patience, et gestuelle permettent de se tirer d’affaire.

Parfois appelée la Venise du nord (la deuxième, après Bruges ?), Saint-Pétersbourg n’a pas grand chose à voir avec sa supposée alter ego adriatique. Malgré ses canaux, la ville monumentale broie les individus qui essaient tant bien que mal de subsister au milieu des artères où des pseudo-bolides à échappement libre font des pointes de vitesse entre les feux rouges. Certains quartiers plus calmes (île de Vasilevsky autour de l’université) sont traversés par des doubles voies au lieu de triples, offrant un peu de répit. À Saint-Petersbourg, le parisien se sent petit et l’expression Paris-village prend tout son sens.

Arrivés par la station de métro majestueuse de Novocherkasskaya, nous nous dirigeons vers notre appartement, ou Aptem, notre hôte, nous remet les clés.

 

Nous pouvons déjà photographier une particularité russe: une Lada 4×4 (l’un des meilleur véhicule 4 roues motrices jamais produits, avec la Panda 4×4).

Lada 4x4

Lada 4×4

 

Le lendemain nous nous dirigeons à pied (seulement 5 stations de métro -grands fous que nous sommes, nous le comprendrons plus tard) vers la forteresse Pierre et Paul. En route nous découvrons pour la première fois -de jour- l’immensité des artères pétersbourgeoises, le trafic incessant et les bâtiments majestueux qui jalonnent notre trajet et sont la particularité de cette ville.

 

Les bords de la Moïka permettent de respirer à l’abri du trafic.

 

Petit arrêt dans le jardin d’été pour en apprécier la fraîcheur. Les allées sont ombragées et desservent de jolis carrés agrémentés de fontaines et de statues de marbre.

 

Saint-Pétersbourg-~36

Forteresse Pierre et Paul, porte Est

 

Enfin arrivés à la forteresse, nous découvrons avec étonnement des jeunes militaires en plein défilé. Au début nous osons à peine prendre des photos, puis l’ambiance étant plutôt festive nous imitons les nombreux badauds russes.

 

Nous choisissons de visiter la cathédrale où sont enterrés une bonne partie des Romanovs: de Pierre le Grand à Anastasia.

 


Pour notre deuxième journée nous nous lançons comme défit l’achat de nos premiers billets de train. Grand bien nous a pris, nous avons pu expérimenter l’extrême lenteur des agents des transports russes qui feraient passer nos agents de la sncf pour des hyperactifs. Même munis de notre traducteur et d’une prise d’écran des billets qui nous intéressent, l’essai est périlleux, car malgré sa bonne volonté, notre agent est incapable de lire nos papiers d’identité ou de comprendre notre demande. Aucun employé ne parle anglais. À coup de Google translate nous finissons quand même avec le trajet demandé. Sur les billets nous sommes bien incapables de dire de quelle gare nous partons, notre hôte nous l’indiquera photo a l’appui.

Une deuxième belle Lada

Une deuxième belle Lada

 

L’après midi, nous marchons sur l’île de Vasilevsky.

 

La pointe de Strelka offre un magnifique panorama sur la Neva. Faisant face à l’Hermitage l’endroit est très couru pour les photos de mariage.

 

Le reste de l’île est moins touristique mais emprunt de solennité. Nous passons devant l’université, le palais Menchikov, puis nous nous enfonçons dans les rues arrières à la découverte du quartier.

Au retour nous ferons un arrêt prolongé dans le quartier historique pour voir la Cathédrale de la Résurrection. Immanquable.

 

Benjamin dénichera un disquaire au stock improbable. Et nous nous arrêterons -guidés par notre gourmandise- chez Elisseïev pour prendre un chocolat chaud et manger une pâtisserie.

 

Pour notre dernier jour plein, nous nous attaquons au musée de l’Hermitage, après une tentative malheureuse pour trouver un marché couvert. Nous sommes impressionnés autant par les collections que le lieu lui même qui n’a rien à envier au Louvre.

 

Comme partout, tout est écrit en cyrillique et il vaut mieux posséder un bon ouvrage de référence ou disposer d’une solide culture générale pour apprécier à leur juste valeur les œuvres exposées. Côté impressionnistes, l’Olympia de Manet était en prêt au moment de notre visite. Beaucoup de Monnet, Degas et Renoir, bref de quoi en prendre plein les mirettes.

 

 

La route est longue...

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